Tout travail thérapeutique risque de mettre la personne
en lien avec une certaine souffrance intérieure ou l’amener
à revivre des moments pénibles de son histoire personnelle.
Mais comme Jung l’a dit : « La souffrance n’a aucune valeur
par elle-même. Mais si elle est consciemment acceptée, elle
contient un pouvoir de libération » . C’est lorsque nous sommes
prêts à accepter la bataille en nous-mêmes, l’inconfort intérieur,
à composer avec notre ombre plutôt que de la projeter sur les
autres, ou dit autrement à choisir ce face à face avec nous-mêmes
qu’une transformation devient possible.
Les raisons qui amènent des personnes à consulter en psychothérapie
ou en psychanalyse sont aussi multiples et diversifiées que
l’est l’expérience humaine.
On peut par exemple être amené à consulter parce que l’on
fait face à une situation soudaine ou imprévue telle le décès
d’un être cher, la perspective d’une séparation ou la perte
d’un lien personnel important ou significatif.
Parfois c’est un aspect de notre personnalité qui est remis
en question par un inconfort personnel, par nos proches, ou
par la répétition d’une situation interpersonnelle désagréable.
D’autres fois, c’est la prise de conscience d’une insatisfaction,
du sentiment de ne pas vivre réellement notre vie, de passer à
coté de quelque chose d’important qui nous conduit à nous remettre en question.
À d’autres moments, c’est un symptôme physique qui nous conduit
à faire le lien entre la maladie ou la douleur physique et ses
implications sur le plan psychologique. Le physique et le psychique
sont deux entités intimement liés, l’un interpelle l’autre; nous
avons seulement à penser à certains témoignages de personnes qui
expriment comment la maladie les a transformées. Le besoin de
s’arrêter, de porter une attention particulière à des gestes ou
attitudes en apparence anodine peut amener une personne à remettre
en question des façons de vivre, des choix, des décisions, des
idéaux dont elle n’aurait jamais douté auparavant.
Des traumatismes vécus dans notre enfance peuvent être une source
d’inconfort et susciter un besoin de revenir sur le passé.
Des réponses naïves du genre: « le passé est le passé,
pourquoi revenir là dessus », ne suffisent pas. Une exploration
en profondeur peut être nécessaire pour arriver à trouver en
soi-même un sentiment de bien être et d’accomplissement.
L’angoisse, les pensées obsédantes, les peurs incontrôlées,
les dépendances ou indépendances extrêmes sont aussi souvent
des situations qui nous amènent à consulter. Enfin tous les
comportements que l’on peut qualifier de dépendances ou de manies
pathologiques peuvent nous indiquer que quelque chose ne va pas
dans notre vie; les plus connus sont les excès dans le boire,
le manger et la sexualité. D’autres excès peuvent aussi nous
indiquer qu’il y a un besoin de s’arrêter et de prendre
conscience que quelque chose ne va pas ; tels les abus d’internet,
l’isolement affectif, les relations amoureuses qui commencent et
se terminent de façon répétitives et insatisfaisantes ou l’absence
de relation amoureuse.
Cette liste de symptômes ou de situations pourrait s’allonger
encore. Le plus important, c’est peut être la prise de conscience
de l’inconfort ou de l’insatisfaction et la décision de s’en occuper. De plus,
ces symptômes sont porteurs de sens difficiles à explorer lorsque nous
sommes laissés à nous-mêmes. Ils peuvent être le point de départ d'un développement
psychologique important.